Saint-Jean-sur-Richelieu (Secteur Iberville), 33, rue Héroux, Jean-Baptiste (John) Ouellette,
sous la TV, un bouquet pour notre mère, Paul, Nichole, à droite, les
frisotis de Mariane, distribution des cadeaux, nuit de Noël 1961 ou 1962, photo Ouellette_John_1961_950.
Mes parents se marient le 2 septembre 1939, la veille de la déclaration de la deuxième guerre mondiale. Papa a
vingt-six ans, maman dix-huit. Huit enfants naissent de leur union, photos :
mariage -
25e anniversaire de mariage.
Issu d'une famille d'industriels et de notables, mon père, comme presque tous ses frères et sœurs, n'a pas la bosse des affaires. Même leur père Joseph-Alfred Ouellette qui occupe la mairie de la Marieville durant de nombreuses années, brasse des affaires et préside à la direction d'une manufacture finira par y laisser ses plumes.
Après des années de grande prospérité, à la fin de la deuxième guerre,
la situation financière de ma famille va de mal en pis. Malgré des tentatives
répétées pour faire fortune, jusqu'à sa mort en 1964, mon père souffre du manque
d'argent pour offrir le standing de vie de sa jeunesse à sa femme, à ses
huit enfants.
Nichole 22 mois, papa, juin 1942. 45° 26' 00" N - 73° 10' 00" O,
Montérégie,
MRC Rouville, Marieville,
rue Girard, photos John_Nichole_1942_06_350 - Papa_Nichole_Richard_Noman_1944_350.
Une perchaude, moi, 5 1/2 ans, mon père, printemps 1946. 45º 05' 02,7" N - 73º 08' 09,4" O,
Montérégie,
MRC Le Haut-Richelieu,
lac Champlain, baie Missisquoi, Venise-en Québec, chez mon grand-père
J.-A. Ouellette, photo Papa_Nichole_1946.
Bien que ces choses semblent évidentes aujourd'hui, au début des années 1940, il était tout
à fait novateur d'éduquer une fille comme mon père l'a fait.
Nous passions les étés de mon enfance à la
Baie-Missisquoi. Papa nous amenait à
la pêche.
À la pêche et dans la vie, tu ne fais pas la fille. Tu
empâtes tes hameçons avec les vers, tu décroches tes poissons. Tu poses
les mêmes gestes que les garçons et les adultes. Tu peux tout faire ! »
Liberté et égalité
Mon premier amoureux et moi nous nous embrassons à bouche que veux-tu, tout le temps et partout, durant quatre ans et demi ! Gardiens de ma vertu,
mes cinq frères crient au scandale. Et mon père de leur expliquer la liberté et l'égalité des sexes :
Laissez-la tranquille, les filles éprouvent les mêmes besoins et les mêmes désirs que les
garçons. »
Nichole Ouellette, Maurice Poissant, Laprairie, 1957, photo OuelletteJB1957.
premier amour
premier amant
terrible deuil Maurice Poissant (1939-1960)
sur la photo
j'ai 17 ans
lui 18
Le 4 juin 1960, à la mort de Maurice, mon père m'enveloppe de sa compassion. Sa présence indéfectible
me soutient dans ce chagrin bien trop grand pour la jeune veuve de 19 ans que j'étais.
Maurice Poissant meurt à Saint- Luc, dans un accident de voiture dans
la nuit du 4 juin 1960. Annette Dupuis, une voisine de Saint-Philippe-de-Laprairie
l'accompagne. Elle meurt à son tour quelques jours plus tard. Maurice Poissant
avait 21 ans. J'étais amoureuse, nous devions nous marier.
Papa parlait peu
À ma majorité, 21 ans à l'époque, papa m'oblige à passer mon permis de conduire :
« Un jour tu comprendras. »
Quelques heures avant de mourir, le 24 décembre 1964, notre père
distribue les cadeaux de Noël. Au moment de partir pour la messe de minuit, il
me dit ces derniers mots :
« Vite, tu ne dois pas être en retard ! »
Nichole, 30 ans, ses fils Ouellette-Lapointe, Jean-Frédéric 5 mois, Jean-Bruno, 5 ans, Iberville été 1970, photo Guy Lapointe Iberville_1970_09_001_400.