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Nichole Ouellette

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Racines et sentiers
Curriculum vitæ - racines apprentissages

Mes racines

Marie-Anne, Liliane, Nichole

fille aînée de
Jean-Baptiste Ouellette
et de Madeleine Brosseau

je vois le jour à midi,
le 2 août 1940
à Marieville

mes déracinements commencent à 6 ans, quand mes parents me placent au pensionnat


Presque 6 ans, Baie-Missisquoi, juillet 1946.

1946 - 1957, chemin faisant...

11 ans de pensionnat
dans les meilleurs
couvents du Québec
de la musique
de la peinture
du dessin
on me refuse
les apprentissages
parce que je n'ai
aucun talent, dit-on...

1964

Mariage à Guy Lapointe (le 16 mai 1964), à Iberville.
Nous avons deux fils Ouellette-Lapointe :
Jean-Bruno (le 21 septembre 1965)
Jean Frédéric (le 14 avril 1970)
Jean-Bruno et sa compagne Chantal Dubois nous donnent à aimer Calypso (le 11 septembre 1996), Coralie Jade (le 22 novembre 2001)

1970

Après une thérapie de trois ans et demi chez le docteur Hébert Langevin, psychiatre à Outremont, j'arrête les visites.

– « Qu'allez vous faire ? », me demande le docteur Langevin.
– « Écrire. »
– « L'écriture est une démarche solitaire, pourquoi n'allez-vous pas à l'Atelier du Frère Jérôme, derrière le collège Notre-Dame.
Mes deux filles y vont tous les samedis matins. »

1970, à l'Atelier du frère Jérôme

L'Atelier du frère Jérôme, une ancienne serre à peine réaménagée. Le charisme du Frère embrase son atelier. Cet indomptable lutteur nous ramène sans fin à l'expression de la spontanéité, de la sincérité, de la liberté.

– « Suis ton instinct. »
– « Ferme les yeux, lance-toi dans la peinture. »
– « Le premier mouvement est toujours bon. »
– « La nature ne se trompe jamais. »

De mes antécédents artistiques, le frère Jérôme me dit:

– « Tant mieux, t'auras pas à désapprendre ! »

Je garde des souvenirs impérissables des années à l'Atelier. Découvrir la beauté à l'intérieur de soi est une aventure fantastique. Troublante. La révision des barbouillages est le moment fort des cours. En 1970, le Frère Jérôme est encore très vert, maniaco-dépressif, distrait, entouré de femmes. Il arrive parfois à l'Atelier le pantalon enfilé par-dessus le pyjama. Mes amies, filles de la ville, fréquentent la Casa Pedro, le Vieux-Montréal, Armand Vaillancourt.
Cet univers me fait de plus en plus envie.

Toutes ces années

je dessine
des bonshommes
des bonshommes
des bonshommes.

chaque fois qu'un crayon et un papier me tombent sous la main


Photo Jacques Paul.
j'écris
j'écris
j'écris

mon fils cadet, Jean-Frédéric Ouellette Lapointe, moi à 41 ans, août 1981.


444, rue Champlain
Saint-Jean-sur-Richelieu


1982

Brisures – apprentissages multiples – étoiles filantes.
Exil – voyages sac au dos – jobines.

1987

Terrible traversée du désert.

1988

Je me rappaille. Je m'invente.

Le 7 août 1990

J'écris au frère Jérôme. Pour s'excuser de ne pas se souvenir de moi, il me dit:

– « T'étais ben trop insignifiante dans ce temps là ! »

C'est le départ d'une correspondance assidue.

D'une lettre à l'autre, portée par l'enthousiasme du Frère Jérôme, je renoue avec ma peinture. Elle jaillit forte et claire. Peinture et écriture se fondent, se dépouillent, éclatent prolifiques.

La constante mouvance de mes paysages intérieurs, mes indéfectibles affections alimentent mes sources.


Le 8 décembre 1990

D'occasion, je me procure La Flore laurentienne. Je transcris, mot à mot, jusqu'à m'imprégner de la vision de l'auteur, le frère Marie-Victorin (1885-1944).

Éblouie, éveillée par le génie, l'écriture, l'érudition, l'humanisme de Marie-Victorin, je retrouve le regard de mon enfance. À genoux, dans les fossés, les champs et les bois, je photographie la flore de mon pays.

J'observe. Je note. J'apprends.


Indissociables, il y a :

L'écriture, depuis toujours : chroniques, correspondances, observations du quotidien. Les gens. Les villes et villages. Les rivières, le fleuve. Le jour, la nuit. La vie.

La peinture, 1970 : les productions des premières années sont le fumier sur lequel s'enracinent les floraisons d'aujourd'hui.
Des milliers de cartes de souhaits exclusives, signées @ se promènent sur la planète.

L'informatique : rend possible la diversité, l'accessibilité et la mémoire des appris.

La botanique, le 8 décembre 1990: nomme la flore laurentienne par ses petits noms. J'admire les splendeurs, les ingéniosités de la nature, ses lois et ses forces impitoyables.

La photo : milliers d'images du Québec, de sa flore, de ses eaux vives, de son majestueux fleuve Saint-Laurent, de ses lumières, de ses gens.

Internet, le 24 décembre 1996:  je suis en mutation dans la révolution de mon époque.

Chroniques hebdomadaires
Juillet 1997 : première de Art de vivre au Québec
Septembre 1997 : création de Regard des petits personnes, un espace réservé enfants.


Plan de carrière

après avoir
photographié
les plantes de la terre

je photographierai
les étoiles,
les nuages


encre de chine, novembre 1997
aujourd'hui mes racines
s'enracinent
dans mes poches

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Revu le 2008-03-16