L'un des joyaux de la pittoresque région trifluvienne, la municipalité de la paroisse de Saint-François-Xavier-de-Batiscan, érigée en 1845, est redevenue officiellement Batiscan tout récemment (1986), comme le consacrait un usage constant et presque exclusif. Le nom primitif, tiré de celui de la paroisse érigée canoniquement en 1684, rappelle que les Jésuites ont été concessionnaires de la seigneurie homonyme. Saint François Xavier (1506-1552) a participé à la fondation de la Compagnie de Jésus. Ce qui caractérise cette dénomination, c'est la multiplicité des significations et des motifs d'attribution auxquels elle a donné lieu.
Samuel de Champlain note dans Des Sauvages (1603) « Du costé du Nort [du
Saint-Laurent], il y a une rivière qui s'appelle Batiscan, qui va fort avant en
terre, par où quelques-fois les Algoumequins viennent ». Le fondateur de Québec
rapporte, en 1610, « à Quebecq, où je trouvay le Capitaine Pierre qui y
commandoit, et tous ses compagnons en bon estat; et avec eux un Capitaine
sauvage appelé Batiscan ». Sur sa carte de 1612, Champlain désigne la région du
nord de cette rivière « Contrée de bastisquan ». Sur la carte de 1632, il écrit « Riviere
de Batisquan fort agréable & poissonneuse ». De la rivière — et du chef
amérindien — ce nom très stable est passé à la toponymie régionale : seigneurie,
paroisses, village, etc.
Batiscan, nuée légère, pémikan, tabateskan
Le père Charles Arnaud soutient qu'en montagnais Batiscan a
pour sens vapeur, nuée légère, le phénomène de la brume étant souvent observé à
l'embouchure de la Batiscan. Selon Arnaud, ce mot pourrait aussi avoir comme signification viande séchée
pulvérisée, laquelle était utilisée comme ingrédient d'un met amérindien, le
pemmican ou pémikan. Pour d'autres comme Pierre-Georges Roy, Batiscan signifie
qui a des joncs à son embouchure, ce qui a pu être constaté par le passé. Le
père Lacombe pense qu'il s'agit du cri tabateskan, corne fendue ou pendante.
Le père Joseph-Étienne Guinard, missionnaire chez les Cris, pense qu’il
s’agit de patiskam, orthographié aussi pathiscan, pasthiskan, faire un faux pas,
manquer le pied, de pat, manque, et askam, terminaison verbale fournissant
l'idée de pied.
Voilà une bonne illustration de la complexité des toponymes d'origine amérindienne! Ce qui demeure assuré, cependant, c'est la filiation dénominative : rivière - seigneurie - paroisse - village. Anciennement, les Batiscanais avaient pour surnom les Loups, marquant probablement un petit côté agressif, batailleur, mais aussi fier et courageux. La municipalité de Batiscan appartient à la nouvelle MRC des Chenaux; auparavant, elle était rattachée à la MRC de Francheville qui a cessé d'exister, le 31 décembre 2001, à la suite de la création de la nouvelle ville de Trois-Rivières.
Bibliographie :
Noms et lieux du Québec :
si chaque lieu m'était conté (Cédérom multimédia).
Commission de toponymie du Québec. Les Publications du Québec, Micro-Intel 1997.
Histoire de la paroisse Saint-François-Xavier de Batiscan 1684-1984,
Éditions du Bien Public, 1984, 498 pages.
46° 30' 35.2" N - 072° 14' 24.7" O, MRC Les Chenaux Batiscan (Municipalité), grève dans la section
estuarienne du fleuve Saint-Laurent, vers l'aval, lever du jour à marée basse,
06:15 le mercredi 9 août 2006, photo Greve_estuarienne_001_800.
le samedi 8 février 2003 - le lundi 14 août 2006
le jeudi 25 février 2010 - le vendredi 21 décembre 2012 - le mardi 30 avril 2013 constante mouvance de mes paysages intérieurs