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Tel un miroir, ce livre nous renvoie notre image. L'image d'un Québec vigoureux, grouillant
et coloré, sain et énergique dans l'expression de ses réalités. Viarge, jésus-christ, baptêmeDans Le livre des sacres et blasphèmes québécois, on trouve entre autres les résultats d'une enquête effectuée auprès de 500 personnes, en 1974. À la question « qui sacre ? », plus de 70 % des gens interrogés avouent faire un usage plus ou moins constant des sacres. Les 30 % restant se composent de femmes et d'enfants de moins de dix ans. Ces derniers se trouvent trop jeunes pour sacrer. Ils connaissent bien le sujet et 90 % des garçons affirment qu'ils sacreront quand ils seront plus « grands ».En 1974, la morale intervient dans la division des niveaux de gravité du sacrage. La notion de péché dépend du sacreur, elle n'est ni claire, ni précise. Jurer n'est pas sacrer. Ex. : viarge, jésus-christ, baptême ... Sacrer est grave, blasphémer est péché mortel. Blasphémer c'est dire maudit en avant des sacres (maudit christ, calice ...). Le livre des sacres et blasphèmes québécois hiérarchise jurons, sacres et blasphèmes. En fait, les 122 pages se penchent sur la question du joual, notre langue couramment parlée, ponctuée de sacres et de jurons. Méchants enfantsEn 1950 dans les bonnes familles catholiques, les mères savonnent encore la langue des méchants enfants sacreurs.Rock et joualEn 1969, dans L'Osstidcho, Robert Charlebois, Louise Forestier, Yvon Deschamps et les autres mêlent le rock au joual, sur des paroles de Mouffe, Claude Péloquin et Marcel Sabourin, ils participent à un événement qui transformera le milieu culturel québécois.Vocabulaire d'égliseAu cours des années 1970, nos gens de plume et de lettres intensifient les émotions, conjuguent les sacres, jonglent avec un vocabulaire d'église efficace. Ils épicent notre langue. Ils la colorent aux teintes de notre Laurentie.
Jacques Godbout, Salut Galarneau ! n'y vont pas avec le dos de la cuiller. Surpris, gênés ou offusquésCoup de théâtre au théâtre en 1972. Arrachées à une terre de silence, les voix des Belles-sœurs de Michel Tremblay nous sautent au visage. Surpris, gênés ou offusqués, nous nous reconnaissons. « Un cri ducœur qu'on ouvre au monde pour la première fois dans toute sa plénitude. »Aujourd'hui, le sujet a perdu ses caractères tabous et honteux. Les sacres se déclinent, se combinent, se multiplient entre eux. Ils expriment tout. La beauté, la laideur. La joie, la colère, la grogne. La libération des hommes et des femmes, le devenir grand des enfants. Chartrand, Péladeau et les autresQuand un Ti-cul de 9 ans sacre, il sonde les outils des adultes.Quand le bûcheron et l'ouvrier d'usine sacrent en travaillant, ils ponctuent leurs efforts. Quand Michel Chartrand conteste en sacrant, ses arguments frappent plus fort. Quand Pierre Péladeau * (1925-1997) sacre, le peuple le reconnaît. Passée la cinquantaine, en fille éduquée dans les meilleurs couvents, je ressens encore des frémissements polissons en laissant tomber un criss soyeux, pointu ou retentissant. En société chez les bon chic bon genre, un sourire et/ou un silence aèrent chaque fois la conversation.
Ils charpentent notre héritage comme les solives de nos belles granges et les poutres de nos vieilles maisons. Vociférés ou chuchotés, les sacres sont de tous les combats de nos pères et mères jusqu'à nous. Montréal, le 24 décembre 1997, mort de Pierre Péladeau, président de Québécor. HéritageNon, je ne peux vous prêter Le livre des sacres et blasphèmes québécois,je l'ai remis dans la bibliothèque de mon fils.
constante mouvance de mes paysages intérieurs
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